Le constat

Le réchauffement climatique est déjà là. Le bâti scolaire français, lui, n'a pas bougé. Des millions d'élèves et de personnels passent leurs journées de juin et de septembre dans des bâtiments conçus pour un climat qui n'existe plus.

Cette page rassemble les chiffres qui documentent la situation, et renvoie systématiquement à leurs sources d'origine.

  1. 23 °C Seuil de décrochage

    La chaleur attaque d'abord les apprentissages

    C'est autour de 23 °C que les performances cognitives commencent à chuter. Au-delà de 26 °C, chaque degré supplémentaire coûte environ 2 % de performance ; +2 °C dans une salle, c'est de l'ordre de ‑4 % de résultats scolaires.

    Concrètement : attention qui décroche, mémorisation dégradée, fatigue qui s'installe dès le milieu de matinée. Un élève qui a trop chaud n'apprend pas, il tient.

    Source : CTREQ, synthèse des études

  2. 80 % Du parc scolaire

    Un bâti conçu pour un autre climat

    Environ 80 % des écoles ont été construites avant 1975, à une époque où le confort d'été n'entrait dans aucun cahier des charges. Béton, préfabriqué, grandes surfaces vitrées sans protection solaire, cours entièrement bitumées : ces bâtiments emmagasinent la chaleur le jour et ne la relâchent pas la nuit.

    Ce n'est pas un défaut d'entretien, c'est un défaut de conception. Aucune ventilation nocturne, aucun ombrage, aucune inertie pensée pour des étés à 35 °C.

    Sources : Bon Pote, Aldes

  3. ~4 000 Écoles fermées

    Des écoles qui ferment, des journées qui sautent

    Lors des épisodes de chaleur récents, environ 4 000 écoles ont fermé au moins une fois, et ~11 000 ont dû adapter leurs horaires.

    Chaque fermeture déplace le problème vers les familles : mode de garde à trouver du jour au lendemain, journée de travail posée, inégalités qui se creusent entre ceux qui peuvent s'organiser et les autres. Et pour les élèves, ce sont des heures de classe qui ne seront pas rattrapées.

    Source : Public Sénat

  4. 10–15 % Seulement rénové

    La rénovation n'a presque pas commencé

    10 à 15 % du parc scolaire seulement a été rénové, et 14 % des bâtiments répondent aux normes de basse consommation. Au rythme actuel, l'essentiel des écoles affrontera encore plusieurs décennies de canicules dans leur état actuel.

    Source : Hellio

  5. 40–52 Md€ Coût estimé

    Un chiffrage connu, un financement qui recule

    La rénovation du parc scolaire est estimée entre 40 et 52 milliards d'euros, soit environ 5 Md€ par an sur une décennie. Le montant est documenté depuis des années : ce qui manque n'est pas le diagnostic, c'est l'engagement budgétaire.

    En 2026, le plan d'urgence a au contraire été amputé des deux tiers.

    Sources : Rapport du Sénat, revue de presse

Une double peine territoriale

Les communes les plus pauvres ont le bâti le plus dégradé et le moins de moyens pour le rénover. Mêmes vagues de chaleur, protections en moins : à climat égal, les élèves ne sont pas égaux devant la surchauffe de leur école.

Comme l'investissement scolaire repose largement sur les communes et les intercommunalités, l'écart se creuse mécaniquement entre les territoires qui peuvent financer des travaux et ceux qui ne le peuvent pas. Sans péréquation nationale, l'adaptation restera un privilège géographique.

Un enfant dans une classe par 35 °C
n'apprend rien.
Il survit.

Le constat est posé. Reste à agir.

Ces chiffres ne bougeront pas tout seuls. Rejoignez le réseau de parents et de citoyens qui se mobilisent pour des écoles vivables.